Il y a de l’espoir dans le désespoir actuel

08-05-2008

Dr Martial Ahipeaud in Le Patriote par DRLe Dr Martial Joseph Ahipeaud, président de l’Union pour le Développement et les Libertés était face à la presse le Jeudi 8 mai 2008. Son message aux Ivoiriennes, aux Ivoiriens et à tous les habitants de la Côte d’Ivoire: Il y a de l’espoir dans le désespoir actuel.

Les premières manifestations de la faim de fin mars 2008 ont permis d’exposer clairement les tares du système politique ivoirien notamment les conséquences du racket généralisé et de la corruption cancérigène. Malgré l’intention du pouvoir de vouloir distraire le peuple en se focalisant sur les causes externes, il nous parait utile de dire que les causes internes sont plus importantes. Hier, c’était le complot communiste international. Aujourd’hui, c’est l’inflation qui explique tout en Côte d’Ivoire. Or il aurait été plus simple de dire aux Ivoiriens que la corruption a atteint ses limites et que nous sommes maintenant obligés d’y mettre un terme au risque de voir imploser notre pays. En clair, la corruption est la cause première de la cherté de la vie dans notre pays. Chercher ailleurs les causes de la cherté de la vie est tout simplement une manœuvre dilatoire ayant pour but de masquer avec la main les crimes du système. Nous sommes au bout du rouleau et nous devons faire un choix entre changer la direction politique et espérer ou la garder et précipiter la chute de la nation.

Car la crise que nous vivons est avant tout politique parce qu’elle est une crise de choix de société. Depuis 1978, on biaise avec elle en cherchant des solutions inefficaces parce que le diagnostique fait est faux. Oui, il faut, au plan politique, la démocratie : ni à l’ivoirienne, ni apaisée, encore moins patriotique ou rebelle. Au plan économique, il faut résoudre les blocages structurels, c’est-à-dire, les limites de l’économie de plantation, l’industrialisation superficielle, le manque de compétitivité et la gestion irrationnelle de l Etat et des entreprises. Au plan social, il faut résorber le chômage endémique puisque dès 1980, le taux de création d’emploi était quatre fois inférieur à celui de la demande. Au plan moral, il faut donner une direction claire, produire des modèles et façonner une nouvelle société fondée sur des valeurs comme l’intégrité, la justice sociale et le travail. Il faut bannir les raccourcis de la richesse facile par tous les moyens. L’argent sale tue la Côte d’Ivoire. La crise des déchets toxiques est un avertissement à prendre au sérieux pour entreprendre les tâches de la renaissance de notre pays.

La renaissance de cette nation ne veut pas dire faire le procès d’une équipe ou d’une génération. C’est bâtir un pont entre les générations pour construire une nouvelle destinée à notre pays. C’est aussi profiter de la crise de la vie chère pour relancer notre agriculture vivrière, restructurer notre agriculture industrielle et détruire les barrières à la libre circulation des personnes et des biens. C’est donc en définitive, résoudre la crise actuelle par des élections justes, transparentes qui aboutiront à la mise en place d’un pouvoir légal jouissant d’une légitimité absolue. Car à l’UDL, nous estimons qu’un pouvoir sans légitimité ne peut pas être un pouvoir ayant de l’autorité. C’est pour cela que nous appelons tous au Bon Ton savoir garder et les mots assassins savoir éviter. Au total, voilà nos propositions concrètes.

D’abord, nous appelons au rassemblement de l’ensemble des forces non représentées dans le gouvernement issu des accords de Marcoussis pour former le bloc de la troisième voie. Ce bloc deviendra l’opposition non gouvernementale et travaillera à faire aboutir toutes ses revendications. Par ailleurs, après adoption de notre plateforme commune, nous mettrons en place une tactique électorale qui devra nous permettre d’être présent aux élections présidentielles, législatives et locales.

En direction de l’opposition gouvernementale, nous appelons à une concertation rapide pour qu’ensemble, nous mettions en place une dynamique commune qui nous permettra de faire tenir leurs engagements au Président et au Premier Ministre d’organiser les élections le 30 novembre 2008. Car pour nous à l’UDL, il n’y a jamais deux sans trois et depuis octobre 2005, le peuple ivoirien, les opérateurs économiques et toute la communauté internationale attendent que les belligérants quittent la logique du louvoiement pour organiser les élections. Nous le disons tout net : nous ne leur faisons aucunement confiance en la matière. Cependant, nous espérons être pris en flagrant délit de mensonge si au soir du 30 Août 2008, conformément au code électoral qui impose un délai de trois mois pour la publication des listes électorales, la CEI et la SAGEM nous font mentir en les publiant.

Enfin, au plan économique, nous proposons un plan d’urgence contre la vie chère qui sera articulé autour de la suppression totale des barrages routiers et le lancement de l’opération autosuffisance rizicole. La première mesure impose donc la fin de la partition du pays par le désarmement effectif et immédiat. La deuxième mesure verra la mobilisation de 100000 jeunes qui devraient bénéficier de 3ha chacun pour la culture de riz, principale denrée alimentaire nationale. De ce fait, avec les autres mesures fiscales, on réussira à imposer une dynamique à la baisse de l’inflation actuelle tout en économisant les 200 milliards annuels que coûtent les importations de riz.

C’est dans un tel contexte de paix sociale et de sérénité que les élections doivent être organisées. A ce titre, nous proposons que les présidentielles et les législatives soient combinées pour combattre les fraudes potentielles, la pléthore des candidatures et enfin économiser le peu d’argent que nous aurons réussi à quémander à la communauté internationale. L’UDL souhaite que ces mesures permettent au pays d’avoir un gouvernement et une assemblée nationale qui lui donneront de l’espoir.

Car, dans la situation actuelle de désespoir, il y a bien de l’espoir parce que l’inflation mondiale, due à la hausse de la consommation chinoise et indienne ainsi que celle des nouveaux marchés émergents, a aussi des effets positifs sur la demande mondiale en produits tropicaux. Cette demande poussera sous peu les prix des matières premières à la hausse. C’est pour cela que notre pays, premier producteur mondial de nombre de ces denrées, ne doit pas être distrait par les seigneurs de la guerre et doit trouver en lui-même les ressorts pour en finir avec la situation actuelle. Le désarmement est une exigence de l’intérêt stratégique de la nation. Le refuser est donc antinational. C’est refuser la route du retour à la prospérité. C’est pire qu’une abomination. Et ce, d’autant plus que le chômage et la faim ne feront que prendre leurs quartiers dans tout le pays. Et cela, il faut le refuser.

Lorsque notre coalition gagnera les élections, nous proposerons trois mesures immédiates et non exclusives de notre programme de gouvernement :

Nous proposerons la modification de la constitution pour y enlever toutes les germes de l’instabilité structurelle de la nation. Notre projet proposera un régime parlementaire pour tuer le présidentialisme africain, source de dictature ou essence de la monarchie présidentielle et clanique que sont nos systèmes politiques.

Deuxièmement, nous allons céder 20% du PIB aux régions pour qu’elles deviennent de véritables centres de développement économique local. Nous créeront 12 régions qui seront aider dans leur développement par d’une part la Banque de Régions, l’Agence de recherche et de Développement économique régionale et d’autre part, par le Fond d’Investissement pour l’Infrastructure (F2I). Ce fond va centraliser tous nos revenus issus des exportations et financera exclusivement l’infrastructure routière, sanitaire, éducative et télé communicationnelle, priorités stratégiques de la nation. De cet investissement, nous pensons créer des milliers d’emplois dont les bénéficiaires seront les jeunes en quête de premier emploi. Mieux, la gestion rationnelle et rigoureuse des fonds et services étatiques fera de notre pays un modèle en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption endémique.

Dans les trois ans de notre prise du pouvoir, nous allons supprimer les barrages sur les routes et les remplacer par une taxe de circulation routière dans les villes et entre les régions. Cette taxe permettra la création du Fond d’Entretien Routier (FER). Le FER financera la réfection de toutes les routes urbaines et interrégionales. Il nous permettra de faire rentrer dans les caisses de l’Etat les dizaines de milliards qui disparaissent dans les poches de personnes privées. Nous préférons en tout cas que nos routes soient praticables pour tous en lieu et place de rouler dans des 4×4 qui coûtent chers et accroissent le déficit de notre balance commerciale. Ce plan n’a rien à voir avec notre nouvelle politique de sécurité nationale.

En troisième lieu, nous allons mettre en place la Commission pour l’Ethique Publique (CEP) qui aura pour mission essentielle de faire le point sur les détournements et autres transgressions morales et sévir les contrevenants. Une loi spéciale sera proposée au parlement pour règlementer les rapports entre élèves/étudiants et enseignants pour prévenir la déchéance morale de la nation. Car il faut mettre un terme aux dérives morales à l’école pour prétendre reconstruire la nation.

Ces trois réformes stratégiques ne peuvent se faire que par des hommes et des femmes de convictions, moralement irréprochables et ayant fait la preuve de leur nationalisme. Ces hommes intègres, travailleurs et patriotes, seuls capables de sortir notre pays de cette crise politique, économique, sociale et morale, doivent se mobiliser pour redonner une autre chance à ce peuple. Nous faisons confiance au peuple ivoirien pour bien les identifier. Nous lui faisons aussi confiance pour ne point céder aux sons des sirènes du tribalisme et de la médisance pour ne regarder que ce futur prospère que nous lui proposons et faire ainsi son choix d’un autre avenir. Ce choix, c’est celui de la paix contre la guerre, l’espérance contre le désespoir, la prospérité potentielle contre la faillite garantie, la démocratie contre la barbarie. Voilà pourquoi, tout en disant qu’ensemble nous devons oser, l’UDL affirme aujourd’hui au peuple de Côte d’Ivoire qu’il y a de l’espoir dans le désespoir actuel. A lui de choisir l’espoir et d’assumer sa nouvelle histoire.

Abidjan le 8 Mai 2008

Dr Martial Joseph AHIPEAUD

Président de l’UDL

Côte d’Ivoire : Affaire les Nouveaux Riches : Gbagbo doit-il être blâmé ?

Abidjan, rue du commerce, Plateau. Devant un kiosque à journaux, les badauds rassemblés lisent les titres des journaux. Comme chaque matin, chacun passe devant le kiosque et, en lisant les unes des journaux, a une idée hautement précise de l’actualité. Ce jour du 24 Janvier 2008, la une des journaux était dominée par les propos du Président Gbagbo sur la fameuse question des nouveaux riches, principalement la folie des grandeurs et l’insolence des refondateurs devenus subitement fortunés après leur prise du pouvoir en 2000. C’est la pensée exprimée à haute voix par l’un des titrologues[1]  qui va déclencher une conversation très animée. Cissé, chauffeur d’un patron de la refondation, assistait à l’empoignade entre Sery Digbeu et Yao Kouakou, deux ex-employés de la défunte Air Afrique, aujourd’hui chômeurs mais  qui passent leur temps à traîner à la rue du commerce pour se remémorer les souvenirs de la glorieuse époque.[2]

Yao Kouakou (YK) : Ah çà là vraiment Gbagbo aussi ! Comment il peut dire des conneries[3] pareilles ?

Sery Digbeu (SD) : Gbagbo a dit quoi encore matin là ? Vous êtes là, vous traînez au Plateau pour raconter des bêtises sans lire les articles de journaux. Espèce de titrologues!

YK : Eh mon frère !

SD : Ne m’appelle pas ton frère. Comment tu peux critiquer sans fondement le Président Gbagbo et tu m’appelles ton frère ? Non ! Aujourd’hui seulement je ne suis pas d’accord avec tes propos Kouakou.

YK : Ah Sery toi aussi ! A cause de petit commentaire que j’ai fait tu soulèves gbangban[4] ? Comment vous qui étiez les premiers à nous critiquer, vous ne voulez même pas qu’on vous critique ? C’est quelle affaire de faux démocrates ça là !

SD : Eh Kouakou, ne va même pas là-bas! Ce que Gbagbo a dit c’est quoi ? Tu as lu le journal ? Non ! Mais tu parles beaucoup ce matin comme ça.

YK : Sery, est-ce qu’on a besoin de lire les journaux pour voir ce qui se passe dans le pays ? Demande à Cissé qui est là. Lui-même te dit les choses tous les jours ici. Est-ce que tu parles ? Quand l’autre jour il a dit que son patron lui a remis cinq millions pour une petite étudiante qui est sa maîtresse alors que lui-même qui le conduit partout il n’a jamais mis les pieds chez lui, encore moins lui donner quelque chose pour sa femme ou ses enfants, est-ce que tu as parlé ? Non ! Mon frère ! Tu sais que ce que je dis est la vérité. Ou bien c’est la honte qui te fait entrer en transe ? Je parle pian et tu sais tu ne peux rien me faire. Voilà j’ai dit pour moi. Répond maintenant ?

SD : Eh Kouakou , l’aigreur te fait délirer. Ce n’est pas la faute à Gbagbo si Bédié était soûlé le 23 Décembre et a ainsi permis à une simple grogne des soldats de se transformer en coup d’état. Nous ça fait un million de coup d’état que les gens ont essayé et ils ont échoué parce que Gbagbo la oh, c’est garçon. Sinon ce qu’il a dit est que vous aussi, quand Houphouët a pris le pouvoir, vous avez bénéficié du système et vous aussi vous avez construit des villas. On se rappelle des Jaguar et autre avion privé d’un ministre de l’époque. Lui son père était-il milliardaire ? Gbagbo au moins, il parle de ses amis qui l’ont aidé dans la lutte. Il est reconnaissant. Cissé, raconte-lui ce que tu as entendu l’autre jour dans la voiture de ton patron. Raconte kê !

Cissé : Eh les gars, votre affaire ne me mettez pas dedans. Je suis un pauvre chauffeur et je ne veux pas qu’on me mêle à des affaires trop politiques. Je veux nourrir ma femme et  mes enfants. Demain, c’est vous comme ça qui allez me critiquer pour dire qu’il avait un bon boulot avec un DG qui le payait bien et à cause de sa bouche qui ne se ferme pas il a été renvoyé. Et c’est vous qui allez me donner un nouveau travail ? Laissez-moi à côté petit !

SD : Non Cissé, je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas toi qui m’a dit que l’autre jour dans la voiture de ton patron il avait un autre ami qui disait que le Président les avait convoqué pour se plaindre de ce que le peuple murmure contre les refondateurs. Et qu’est-ce qu’ils lui ont dit ? Que le peuple murmure, on le sait. Mais nous on a un appareil à gérer et nous devons assurer sa survie quand lui ne sera plus au pouvoir en devenant des hommes puissants financièrement. Ce ne sont pas les murmures qui nous trouveront demain l’argent pour financer le parti. Est-ce que le Président se rappelle que nous avons cotisé tous nos derniers pennies pour financer le parti ? Où était le peuple qui murmure aujourd’hui ? Les gens du PDCI murmurent mais eux ils n’ont pas fait le point des cotisations du peuple au niveau du parti. Eux au moins ils ont eu la cotisation de tous les Ivoiriens. Nous avons eu celles de nos militants uniquement. Et encore que là il faut relativiser. Voilà la vérité. On n’a pas d’état d’âme à avoir car dans ce pays tout le monde a pillé et personne n’a été inquiété. On ne sera pas les premiers parce qu’on n’a pas été les premiers.

YK : Ah bon ! C’est ce qu’ils disent ? Pourquoi alors ils ont critiqué le PDCI pour faire comme eux ?

Jean-Luc : C’est certainement parce qu’ils sont de la même racine : tous des Houphouëtistes, de gauche comme de droite doublés d’enfants gâtés du système colonial  et du début des indépendances. Ils n’ont jamais fait d’effort. Ils ont tout eu et attendent tout de la nation et du peuple comme depuis toujours. Nous les jeunes, ce n’est pas la même chose. Nous avons souffert et nous continuons de souffrir de leurs manquements graves à l’éthique morale et politique. C’est ce qui est la vérité !

SD : Eh petit, qui t’a branché ? Espèce de fesciste[5] rebelle ! Ce qu’on dit, c’est que quand le FPI avait besoin de finances, personne n’a aidé Gbagbo à part les gens que vous critiquez à longueur de journée aujourd’hui. C’est leur tour et ça,  vous ne pouvez rien faire contre ça. Est-ce que c’est Gbagbo qui est en faute ou alors tout le système ? Car face à la pression financière, le leader a eu recours à ces hommes et ces femmes un jour. Pourquoi voulez-vous qu’ils les condamnent aujourd’hui?

Du coin de l’oreille, alors que je tendais un billet au Diallo pour acheter mes cinq journaux, j’écoutais les arguments des uns et des autres. Lorsque je quittai la place pour aller vers mon bureau à la rue des banques, je me demandais en fin de compte, qui a tord dans cette affaire ? Le leader qui laisse ses gars se remplir les poches pour préparer les lendemains qui ne seront peut-être pas joyeux pour eux ? Le peuple qui impose une dynamique infernale au leader et à ses compagnons en les laissant seuls face à la pression des activités tout en exigeant d’eux la satisfaction de ses besoins immédiats ou lointains ? Assurément, le débat était intéressant…

A suivre



Titrologue vient des termes titre et logos pour décrire, en français ivoirien de la rue, les personnes qui construisent leur discours et/ou leur opinion politique sur la base de la lecture des unes des journaux sans avoir jamais acheté une copie. On assumera comme il est de coutume au bord de la lagune Ebrié que les patronymes ethniques sont des indications des appartenances politiques 

Conneries signifient imbécilités 

Gbangban est un mot en français de la rue ivoirien qui signifie palabre, guerre, violence. Il est né au lendemain du coup d’état de Décembre 1999 et des violences politico-militaires qui ont suivi. Gbangban est justement le descriptif de ces confrontations militaro-civiles. 

 Un Fescist est ancien ou actuel militant de la FESCI, la puissante fédération estudiantine et scolaire de côte d’ivoire.

L’internet et la danse des sorciers

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…….Côte d’Ivoire: Réunion du CPC du 24 Janvier. L’internet et la danse des sorciers   

Conformément aux accords de Ouagadougou qui courent inexorablement vers leur douzième mois dans quelques semaines, les trois présidents et le premier ministre qui étaient réunis sont sortis avec des propositions absolument fantastiques! Youppie!!!  En effet, selon le communiqué officiel, “s’agissant du processus électoral, les membres du CPC ont décidé d’accélérer le processus électoral, notamment par : -Le respect des dispositions des accords antérieurs relatives aux candidatures sans exclusive à l’élection présidentielle ; 

-Les facilités d’inscription sur les listes électorales des nouveaux majeurs et des Ivoiriens qui ont bénéficié des jugements supplétifs d’acte de naissance délivrés au cours des présentes audiences foraines ; -La réduction du délai légal de publication de la liste électorale ; -La publication sur internet de la liste électorale -La représentation de toutes les parties signataires de l’accord de Linas Marcoussis dans les bureaux des structures déconcentrées de la CEI”

Si je reviens sur ce communiqué, c’est bien pour deux raisons: sa similitude avec les autres déclarations de bonnes intentions au goût de café au lait servies aux populations ivoiriennes qui pourtant attendent du concret de ces cinq personnes qui gouvernent effectivement le pays, et surtout le côté absolument effarant de certaines propositions qui, à mon avis, mérite analyse. 

En effet, vu la situation au Kenya qui n’a pas encore trouvé de solution idoine, nos dirigeants hyper sérieux ont pensé qu’il fallait permettre l’inscription des personnes sur les listes. Mais encore fallait-il qu’ils y ajoutent l’internet comme moyen …moderne. Mais diantre, quelle garantie -selon eux- peut apporter la mise en ligne de la liste électorale? 

Nous voulons qu’on nous explique: 1-Comment l’internet peut garantir que tout le monde est inscrit sur la liste lorsque tout le monde n’a pas accès au net au pays? 2- Comment l’internet peut garantir la transparence du processus d’identification quand il est avéré que malheureusement ce système peut se révéler dangereux pour quiconque l’utilise sans précaution, pour ne pas dire sans garantie sécuritaire? 

3-Dans ces conditions, quelle validité aurait une liste publiée sur le net mais qui peut être sujette à caution à cause justement des possibilités de traficotage, sinon de piratage dans un contexte dominé par les limites diverses de nos systèmes administratifs et autres? 4- Est-ce que les participants ont l’exemple d’un pays au monde qui a publié sa liste électorale sur le net pour quelque raison que ce soit? Vraiment je suis désolé, mais je crois que ces cinq dirigeants, ne veulent soit pas aller dans la bonne direction, soit on pourrait dire qu’il y a un vrai problème de compréhension de choses qui paraissent pourtant simples. 

Car ce qui compte dans le processus de l’identification de la population, ce ne sont ni les Cdroms que la CEI remettra aux partis, encore moins le NET qui garantiront l’efficacité du processus. Nul ne peut vérifier l’inscription des potentiels électeurs sur les listes électorales hormis les électeurs eux-mêmes. C’est pour cela qu’en lieu et place du net, il faut publier les listes dans les potentiels bureaux de vote et amener les personnes à les valider sur quatre semaines maximum. Voilà la bonne et unique méthode qu’il faut utiliser pour faire une identification rapide, efficiente et hautement sécurisée. De toutes les façons, les représentants des partis et candidats pourront vérifier toutes les données sur place. 

Faire autre chose, c’est tout simplement chercher  à distraire une fois de plus les Ivoiriens qui ne sont plus dupes du jeu de sorcellerie en plein jour. Les sorciers, eux au moins, se cachent la nuit pour agir, même si certains se font surprendre par le jour et sont obligés de tomber des sommets des arbres. C’est certainement parce qu’ils pensent que les Ivoiriens ne voient rien qu’ils peuvent même mélanger Ouaga et Marcoussis. Mais là, c’est une autre histoire sur laquelle je reviendrai. 

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