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EXTRAIT DU LIVRE « LA FESCI AU TEMPS DES DEMOCRATES. 1990-1994 »

EXTRAIT DU LIVRE «  LA FESCI AU TEMPS DES DEMOCRATES. 1990-1994 »  MES ANNEES AU LYCEE ET MON ENGAGEMENT MILITANT 

J’étais en pleine session de jeu avec mes autres frères quand la mort de notre père fût annoncée. Après les funérailles, je décidai de quitter Lakota pour Divo où je vécu avec mon cousin, aîné de la famille Tcheklè Ahipeaud, Mr Azowa Lucien. Avec le processus de démocratisation interne, notre second cousin, Mr Begnana, alors inspecteur général de l’ Agriculture et ancien Directeur général de la SOCATCI décida de relever la mémoire de son oncle à Lakota. Il fut élu par le peuple de Lakota comme héritier spirituel de son oncle et devînt député de Lakota. Son frère aîné, devenu entre temps mon tuteur, retournât donc avec lui à Lakota et me laissât à Divo. j’étais alors en 5ème au Lycée Moderne de Divo. Je passai la 4ème chez le père de mon ami de lycée, Coffi Gadji et l’année d’après, chez ma tante infirmière à l’hôpital de Divo. Celle-ci, Madeleine Ogou, était une grande dignitaire du PDCI à Divo et venait du coté maternel de mon père, de la région de Dièsse. 

N’arrivant pas à me fixer avec les tuteurs pour des raisons tant de compatibilité d’humeur que de manque alimentaires, je me résolu à  rester chez mon ami Arsène Sylvestre Gokou en dépit de la situation précaire dans laquelle nous nous trouvions. C’est la retour au village d’un ami de mon frère, Eugène Toutoukpeu Dago qui me permît d’avoir la sérénité matérielle. Gouadani comme il était connu, était le fils d’un douanier qui vivait à Daloa. Ami des grands loubards de cette Eburnie des années 8 notamment Serges Dailly, John Pololo et autres, il était craint de tous dans la ville. Devenu mon tuteur, il m’aidât en me cedant une chambre entière dans la villa de son père qui avait de l’électricité et de l’eau courante. Un vrai vrai luxe pour quelqu’un qui avait traversé une de ces galères !. C’est doc à juste titre que je passai haut la main le probatoire et le baccalauréat série A2 en 1984 et 1985. Mon professeur d’Allemand m’avait puni en ne m’orientant pas en première D alors que ma moyenne en mathématiques me le permettait. Il avait dit au conseil de classe que j’avais été un illustre fantôme à son cours et qu’il entendait me voir affronter le probatoire littéraire avec l’Allemand comme seconde langue. Mais j’avais réussi à lui battre le caquet en triomphant aux examens. Au bac, j’avais même fait un grand bond en obtenant une note je crois de 6/20 alors que notre première de classe en Allemand avait échoué à cause de son 2/20. En réalité, mes notes en Histoire–Géographie, Philosophie, Français et surtout Mathématiques m’avaient sauvé du désastre. En fin de compte, alors que notre pays traversait une des crises économiques les plus graves de son histoire, je me trouvais au seuil d’une nouvelle aventure avec le début des années d’étude à l’université. 

C’est cette année que je découvrît pour la première fois l’action militante. En effet, les effets du programme d’ajustement structurel faisaient rage déjà dans le secteur de l’Education. Le gouvernement qui se vantait de sa politique de scolarisation faisait face maintenant à des contradictions énormes. Ainsi, malgré les proclamations d’une politique volontariste de progrès, il avait construit un système éducatif marqué essentiellement par le sceau de la sélection. D’abord au niveau du primaire, le gouvernement s’était déjà désengager depuis 1965 dans le but de réduire le nombre d’enfants accédant à l’école primaire. Cependant, la volonté des communautés villageoises et locales doublée de l’évolution du secteur privé avaient permis à nombre d’enfants d’accéder à l’école. Ni l’entrée en 6ème qui rejetait presque 80% des inscrits au primaire, ni l’orientation en seconde, encore moins le probatoire responsable d’une première massive émigration de la jeunesse Ivoirienne au Burkina et au Bénin, encore moins le bac n’avaient  empêché le nombre d’étudiants d’accroître.. 

C’est ce parcours de combattant qui me permit d’accéder à l’université en 1985. Or cette année, en raison de l’application du PAS, le nombre de boursiers à l’université avait été réduit dramatiquement. Sur un total de près de 250 étudiants en première année d’ Histoire et de Géographie, seuls 19 eurent droit à la bourse.. D’ailleurs, un nombre de bacheliers n’avait pas été orienté à l’université. Le gouvernement estimait que les survivants étant mieux lotis que ceux qui n’avaient pas pu avoir accès à l’université, devraient se contenter de faire leurs études et se taire ou alors ils s’exposeraient à l’exclusion avant même d’avoir commencé les cours. Une première grève fut matée et les meneurs dont notre ami Djédjé furent kidnappés à l’insu des autres membres  du comité de grève pour être déportés à Seguela. Nous l’apprîmes qu’en 1989 quand Djédjé fut libéré après trois ans de détention sans jugement dans la pénombre du parti unique au zénith de sa gloire mais à la veille de sa décadence. 

C’est donc par la suite qu’informé par un ami de mon frère des relations entre Mr Belkiri et mon père que je demande un rendez-vous à la présidence pour rencontrer le secrétaire du gouvernement. A cette rencontre qui eut lieu début janvier 1986, je lui demandai de bien vouloir intervenir auprès de la direction des bourses afin que je reçoive la bourse. Je lui expliquai que je remplissais les critères étant orphelin avec une mère ménagère sans aucune ressource et que par conséquent, eu égard à mes résultats dans les matières respectives, je ne pouvais qu’être prioritaire sur la liste et donc boursier. Je lui dit alors que le système n’était pas juste et qu’il fallait réparer l’erreur. Après m’avoir écouté, il me fit comprendre qu’il comprenait mes ressentiments mais il avait une offre plus concrète à me faire: en lieu et place d’une bourse de l’état, il m’offrirait une bourse à la présidence du montant égal à celui des étudiants. Je me plaignais d’une injustice, et on m’offrais non pas de revoir la situation, mais de me taire dans mon coin et accepter d’aller à l’école.

N’étant pas tout à fait satisfait, mais ne pouvant faire autrement, j’acceptai et dès lors, je perçus ma bourse de 40.000fcfa à la présidence de Janvier 1986 à Juillet 1990. En juillet 1990, après avoir annoncé qu’il savait que j’avais rédigé le manifeste de la FESCI et que j’avais été parmi les étudiants contestataires et que par conséquent le président en était époustouflé, il m’offrit de partir faire mon doctorat en France et oublier la FESCI. Je lui demandai de bien vouloir accepter que je finisse mon mandat et que j’étais prêt à reconsidérer son offre hors mandat. Il rétorqua qu’il comprenait que je sois un peu déçu après que j’eus fini mon mémoire de maîtrise sur le PDCI et que par conséquent j’en arrive à une situation de doute sur le président. Cependant, il me fallait penser aux conséquences, surtout sur mes petits frères qui eux aussi bénéficiaient des largesses de l’enveloppe présidentielle. Je lui répondit que je croyait pourtant que chaque Ahipeaud venant à la présidence le faisait parce que le président voulait aider les enfants de l’homme qui lui avait sauver a vie en 1949-1950 quand il fut informé de l’ordre de détruire le président du RDA venu de France. En effet, c’est lors de mes recherches que Belkiri lui-même m’expliquât les raisons de la radiation de mon père de l’administration coloniale. 

PODCAST Martial Ahipeaud parle de la FESCI

Propos du Dr Martial Ahipeaud recueillis à Paris en janvier 2009

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d’autres PODCAST cliquez !

FESCI 1/2

http://www.youtube.com/watch?v=Cek308xy19g

la situation est grâve en Côte d’ivoire

http://www.youtube.com/watch?v=ZBEXSDRkSzU

Les accords de Ouaga

http://www.youtube.com/watch?v=HfvDQN_jz0I

 l’Union pour le Dveloppement et les Libertés UDL

http://www.youtube.com/watch?v=8rSHvWETbhM

 

Le sens de notre lutte : Bonne et Heureuse Année Ivoirois, Ivoiroises et à tous ceux qui aiment l’Afrique!

Dans un pays où une femme enceinte accouche un serpent à la place des jumeaux qu’elle attendait, ou encore un enfant est né sans ses yeux, et enfin, des étudiantes se prostituent dans les bars de Biétry à 5000 F Cfa ( 8€) la passe, il n’y a plus rien qui puisse choquer. Mais, pour cette fin d’année, je vais vous faire des vœux, Ivoirois, Ivoiroises et tous ceux qui aiment l’Afrique.

Je suis arrivé depuis quelques jours à Londres où vivent ma femme et mes enfants. Ma dernière accepte un peu difficilement ma longue absence, puisque je suis depuis cette année enseignant à l’université de Bouaké. L’aîné est sur sa PlayStation 3 en pleine démonstration de la réalité de la mondialisation par la révolution technologique. Il passe le clair de ses vacances à jouer avec ses amis et d’autres jeunes sur le net à travers le monde par le biais de leur produit Sony via l’accès internet sans fil. Visiblement, il est dans son monde comme tous les enfants ici qui sont accoutumés à la révolution du virtuel.

Dans la journée, je me perds dans mes pensées et mon épouse me ramène sur terre en me demandant à quoi je pense. Mais est-ce que j’ai vraiment le courage de lui dire ce à quoi je pensais ? Justement, mes pensées allaient directement vers la question fondamentale de ce qui justifiait mon départ sur Abidjan et mon absence prolongée loin de ma famille. Pourquoi, diplômé SOAS, je me retrouvais en plein drame scientifique à l’université de Bouaké ? Car à Bouaké, les enseignants font grève parce qu’ils n’ont pas encore reçu leurs primes de correction de l’année 2006-2007, alors qu’ils sont en train de finir (en décembre 2008), l’année scolaire 2007-2008. Voilà où je me retrouve avec, en plus, des devoirs d’étudiants qui ont failli me donner une dépression en raison de leur bas niveau.

En fait, avec mon arrivée sur place à Abidjan, j’ai pu entrer en contact avec la réalité de mon pays. Certainement que j’exagérais lorsque je croyais que la situation était grave. Aujourd’hui, je crois que j’étais même très optimiste puisque le pays risque de ne plus exister dans quelques années. Voilà où nous en sommes après dix années de lutte pour la démocratie et le développement ! Car il ne faut point se tromper. Tout est à l’envers dans le pays. Les valeurs existantes ont pour nom : course folle à l’argent, dévergondage sexuel immonde généralement admis comme norme, corruption généralisée, destruction des acquis, démolition à grande vitesse des infrastructures, société de connivence et de pillage, bref, mort lente de toute une nation.

Je ne sais pas si Dieu a voulu que je sois sur place pour comprendre ce qui se passe. Mais, maintenant que je suis revenu pour les vacances à Londres, je suis en pleine crise psychologique. Comment tout cela arrive et que rien ne peut empêcher cette chute pourtant annoncée et connue de tous ? Vers quoi allons-nous ? Comment pourra-t-on rattraper le retard que nous accumulons ? Qu’est-ce que nous retrouverons comme pays dans les trois ou cinq années à venir ? Peut-on encore se payer le luxe de report sine die des élections ? Les élections sont-elles vraiment la solution si solution il existe encore ?

Comme si tout cela ne suffisait pas, Ouaga 4 nous annonce clairement que les élections se tiendront dans deux ans alors que le facilitateur lui-même disait qu’Avril 2009 était la date fétiche. Pourquoi puis-je affirmer que 2010 est la date fixée finalement pas Ouaga 4 ? Tout simplement parce que selon les conclusions rapportées par la presse proche du dossier, les forces armées nationales seront parachevées dans leur mouture finale par le président élu un mois après son élection et cela dans un processus qui devra durer au plus deux ans. En d’autres termes, la nouvelle armée sera finalisée par le nouveau président alors que personne en dehors de Gbagbo n’est associé à cet accord.

Et si ce dernier n’était pas élu ? Quel président pourra diriger un pays avec une telle armée ? Une telle armée pourra-t-elle assurer la paix et la sécurité demain dans un pays sans le consentement de l’ensemble desIivoiriens ?

On nous appelle vraiment Ivoiriens à dessein. Pour imiter le maître de la parole, je dirai qu’il faut scinder le mot en trois parties : ‘‘I’’ pour dire que les gens qui ont la gestion du pays pensent d’abord à leurs personnes. I en anglais, c’est MOI et si nous voulions traduire en chiffre, ce serait 1. Donc, à tout point de vue EGOCENTRISME. Ensuite, nous voyons ‘‘VOI’’, c’est-à-dire, la vision, la voie à suivre, les perspectives. Cependant, le ‘‘RIEN’’ annule complètement le concept précédent. En d’autres termes, IVOIRIEN= Egoïste qui n’a aucune vision, aucune perspective, bref, un véritable ignare.

Est-ce pour cela que, ce pour quoi nous avons fait la rupture avec le parti unique, a donné un tel désastre ? Pourquoi dit-on que c’est le pouvoir qui change l’homme alors que l’homme devrait changer le pouvoir ? Si c’est pour faire les mêmes choses, pourquoi alors s’emmerder ou alors se mettre un doigt dans l’œil en prétendant que nous luttons pour notre peuple ? N’est-il pas mieux dans ces conditions de rester dans nos conditions actuelles en cherchant à les améliorer ? Pourquoi accepterai-je de faire souffrir ma famille pour reproduire les mêmes pourritures ? Pourquoi devrais-je risquer les frappes nocturnes des escadrons de la mort? L’esprit d’Hérode règne sur la nation. Que peut faire un pauvre enseignant comme moi ?

Si je ne connais pas les réponses à toutes ces questions, je sais au moins une seule chose : c’est que je ne suis pas un IVOIRIEN mais un IVOIROIS. Oui, Ivoirois car j’ai eu une vision royale pour mon pays et je l’ai partagée avec toute une génération. Je pouvais me tromper. Mais je ne crois pas que ces millions de jeunes et de vieux qui ont cru en notre lutte se soient tous trompés. Sauf s’ils ont cru que nous avions la même vision. Moi, en tout cas, ma vision, c’est de voir un jour les enfants de mon pays être capable de participer à la mondialisation, non pas comme des victimes, mais bien comme des acteurs. Je sais que ma vision, hier comme aujourd’hui, reste de pouvoir être libre dans mon pays ou alors de gagner décemment ma vie par le travail honnête. Je ne crois pas que ma fierté sera de me pavaner sur des routes à trous de la mort dans quelques 4X4 rutilantes. Je ne crois pas non plus que mon rêve est de me voir seul triomphant dans ma famille. Bien au contraire, j’ai participé à l’éclosion de milliers de fleurs même si certaines nous ont piquées, elles restent des fleurs qui ont besoin d’entretien.

Je ne crois pas avoir tué le génie de chacun pour mon triomphe égoïste. Si mon diagnostique est vrai, je crois avoir été seulement un chef d’orchestre qui a permis à toute une génération de prendre ses responsabilités historiques. Ma victoire a été celle de toute une élite et non pas celle d’un génie que je serais.

C’est pour cela que je crois qu’il est juste, une fois de plus, de prendre ce risque pour mener le même combat. Mon épouse reste mon soutien, ma génération mon inspiration et Dieu ma bannière. Avec Dieu, nous ferons le miracle du changement de notre propre histoire. Et ça, c’est aussi le sens de notre lutte : espérer par la foi, agir par la raison, triompher par l’audace, et cela, ensemble, ici et maintenant. Que l’année 2009 soit celle de la fin du cycle du tourbillon.

Dieu vous bénisse !

Martial Joseph AHIPEAUD

President de L’Union pour le Développement et les Libertés – U.D.L.

Il y a de l’espoir dans le désespoir actuel

08-05-2008

Dr Martial Ahipeaud in Le Patriote par DRLe Dr Martial Joseph Ahipeaud, président de l’Union pour le Développement et les Libertés était face à la presse le Jeudi 8 mai 2008. Son message aux Ivoiriennes, aux Ivoiriens et à tous les habitants de la Côte d’Ivoire: Il y a de l’espoir dans le désespoir actuel.

Les premières manifestations de la faim de fin mars 2008 ont permis d’exposer clairement les tares du système politique ivoirien notamment les conséquences du racket généralisé et de la corruption cancérigène. Malgré l’intention du pouvoir de vouloir distraire le peuple en se focalisant sur les causes externes, il nous parait utile de dire que les causes internes sont plus importantes. Hier, c’était le complot communiste international. Aujourd’hui, c’est l’inflation qui explique tout en Côte d’Ivoire. Or il aurait été plus simple de dire aux Ivoiriens que la corruption a atteint ses limites et que nous sommes maintenant obligés d’y mettre un terme au risque de voir imploser notre pays. En clair, la corruption est la cause première de la cherté de la vie dans notre pays. Chercher ailleurs les causes de la cherté de la vie est tout simplement une manœuvre dilatoire ayant pour but de masquer avec la main les crimes du système. Nous sommes au bout du rouleau et nous devons faire un choix entre changer la direction politique et espérer ou la garder et précipiter la chute de la nation.

Car la crise que nous vivons est avant tout politique parce qu’elle est une crise de choix de société. Depuis 1978, on biaise avec elle en cherchant des solutions inefficaces parce que le diagnostique fait est faux. Oui, il faut, au plan politique, la démocratie : ni à l’ivoirienne, ni apaisée, encore moins patriotique ou rebelle. Au plan économique, il faut résoudre les blocages structurels, c’est-à-dire, les limites de l’économie de plantation, l’industrialisation superficielle, le manque de compétitivité et la gestion irrationnelle de l Etat et des entreprises. Au plan social, il faut résorber le chômage endémique puisque dès 1980, le taux de création d’emploi était quatre fois inférieur à celui de la demande. Au plan moral, il faut donner une direction claire, produire des modèles et façonner une nouvelle société fondée sur des valeurs comme l’intégrité, la justice sociale et le travail. Il faut bannir les raccourcis de la richesse facile par tous les moyens. L’argent sale tue la Côte d’Ivoire. La crise des déchets toxiques est un avertissement à prendre au sérieux pour entreprendre les tâches de la renaissance de notre pays.

La renaissance de cette nation ne veut pas dire faire le procès d’une équipe ou d’une génération. C’est bâtir un pont entre les générations pour construire une nouvelle destinée à notre pays. C’est aussi profiter de la crise de la vie chère pour relancer notre agriculture vivrière, restructurer notre agriculture industrielle et détruire les barrières à la libre circulation des personnes et des biens. C’est donc en définitive, résoudre la crise actuelle par des élections justes, transparentes qui aboutiront à la mise en place d’un pouvoir légal jouissant d’une légitimité absolue. Car à l’UDL, nous estimons qu’un pouvoir sans légitimité ne peut pas être un pouvoir ayant de l’autorité. C’est pour cela que nous appelons tous au Bon Ton savoir garder et les mots assassins savoir éviter. Au total, voilà nos propositions concrètes.

D’abord, nous appelons au rassemblement de l’ensemble des forces non représentées dans le gouvernement issu des accords de Marcoussis pour former le bloc de la troisième voie. Ce bloc deviendra l’opposition non gouvernementale et travaillera à faire aboutir toutes ses revendications. Par ailleurs, après adoption de notre plateforme commune, nous mettrons en place une tactique électorale qui devra nous permettre d’être présent aux élections présidentielles, législatives et locales.

En direction de l’opposition gouvernementale, nous appelons à une concertation rapide pour qu’ensemble, nous mettions en place une dynamique commune qui nous permettra de faire tenir leurs engagements au Président et au Premier Ministre d’organiser les élections le 30 novembre 2008. Car pour nous à l’UDL, il n’y a jamais deux sans trois et depuis octobre 2005, le peuple ivoirien, les opérateurs économiques et toute la communauté internationale attendent que les belligérants quittent la logique du louvoiement pour organiser les élections. Nous le disons tout net : nous ne leur faisons aucunement confiance en la matière. Cependant, nous espérons être pris en flagrant délit de mensonge si au soir du 30 Août 2008, conformément au code électoral qui impose un délai de trois mois pour la publication des listes électorales, la CEI et la SAGEM nous font mentir en les publiant.

Enfin, au plan économique, nous proposons un plan d’urgence contre la vie chère qui sera articulé autour de la suppression totale des barrages routiers et le lancement de l’opération autosuffisance rizicole. La première mesure impose donc la fin de la partition du pays par le désarmement effectif et immédiat. La deuxième mesure verra la mobilisation de 100000 jeunes qui devraient bénéficier de 3ha chacun pour la culture de riz, principale denrée alimentaire nationale. De ce fait, avec les autres mesures fiscales, on réussira à imposer une dynamique à la baisse de l’inflation actuelle tout en économisant les 200 milliards annuels que coûtent les importations de riz.

C’est dans un tel contexte de paix sociale et de sérénité que les élections doivent être organisées. A ce titre, nous proposons que les présidentielles et les législatives soient combinées pour combattre les fraudes potentielles, la pléthore des candidatures et enfin économiser le peu d’argent que nous aurons réussi à quémander à la communauté internationale. L’UDL souhaite que ces mesures permettent au pays d’avoir un gouvernement et une assemblée nationale qui lui donneront de l’espoir.

Car, dans la situation actuelle de désespoir, il y a bien de l’espoir parce que l’inflation mondiale, due à la hausse de la consommation chinoise et indienne ainsi que celle des nouveaux marchés émergents, a aussi des effets positifs sur la demande mondiale en produits tropicaux. Cette demande poussera sous peu les prix des matières premières à la hausse. C’est pour cela que notre pays, premier producteur mondial de nombre de ces denrées, ne doit pas être distrait par les seigneurs de la guerre et doit trouver en lui-même les ressorts pour en finir avec la situation actuelle. Le désarmement est une exigence de l’intérêt stratégique de la nation. Le refuser est donc antinational. C’est refuser la route du retour à la prospérité. C’est pire qu’une abomination. Et ce, d’autant plus que le chômage et la faim ne feront que prendre leurs quartiers dans tout le pays. Et cela, il faut le refuser.

Lorsque notre coalition gagnera les élections, nous proposerons trois mesures immédiates et non exclusives de notre programme de gouvernement :

Nous proposerons la modification de la constitution pour y enlever toutes les germes de l’instabilité structurelle de la nation. Notre projet proposera un régime parlementaire pour tuer le présidentialisme africain, source de dictature ou essence de la monarchie présidentielle et clanique que sont nos systèmes politiques.

Deuxièmement, nous allons céder 20% du PIB aux régions pour qu’elles deviennent de véritables centres de développement économique local. Nous créeront 12 régions qui seront aider dans leur développement par d’une part la Banque de Régions, l’Agence de recherche et de Développement économique régionale et d’autre part, par le Fond d’Investissement pour l’Infrastructure (F2I). Ce fond va centraliser tous nos revenus issus des exportations et financera exclusivement l’infrastructure routière, sanitaire, éducative et télé communicationnelle, priorités stratégiques de la nation. De cet investissement, nous pensons créer des milliers d’emplois dont les bénéficiaires seront les jeunes en quête de premier emploi. Mieux, la gestion rationnelle et rigoureuse des fonds et services étatiques fera de notre pays un modèle en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption endémique.

Dans les trois ans de notre prise du pouvoir, nous allons supprimer les barrages sur les routes et les remplacer par une taxe de circulation routière dans les villes et entre les régions. Cette taxe permettra la création du Fond d’Entretien Routier (FER). Le FER financera la réfection de toutes les routes urbaines et interrégionales. Il nous permettra de faire rentrer dans les caisses de l’Etat les dizaines de milliards qui disparaissent dans les poches de personnes privées. Nous préférons en tout cas que nos routes soient praticables pour tous en lieu et place de rouler dans des 4×4 qui coûtent chers et accroissent le déficit de notre balance commerciale. Ce plan n’a rien à voir avec notre nouvelle politique de sécurité nationale.

En troisième lieu, nous allons mettre en place la Commission pour l’Ethique Publique (CEP) qui aura pour mission essentielle de faire le point sur les détournements et autres transgressions morales et sévir les contrevenants. Une loi spéciale sera proposée au parlement pour règlementer les rapports entre élèves/étudiants et enseignants pour prévenir la déchéance morale de la nation. Car il faut mettre un terme aux dérives morales à l’école pour prétendre reconstruire la nation.

Ces trois réformes stratégiques ne peuvent se faire que par des hommes et des femmes de convictions, moralement irréprochables et ayant fait la preuve de leur nationalisme. Ces hommes intègres, travailleurs et patriotes, seuls capables de sortir notre pays de cette crise politique, économique, sociale et morale, doivent se mobiliser pour redonner une autre chance à ce peuple. Nous faisons confiance au peuple ivoirien pour bien les identifier. Nous lui faisons aussi confiance pour ne point céder aux sons des sirènes du tribalisme et de la médisance pour ne regarder que ce futur prospère que nous lui proposons et faire ainsi son choix d’un autre avenir. Ce choix, c’est celui de la paix contre la guerre, l’espérance contre le désespoir, la prospérité potentielle contre la faillite garantie, la démocratie contre la barbarie. Voilà pourquoi, tout en disant qu’ensemble nous devons oser, l’UDL affirme aujourd’hui au peuple de Côte d’Ivoire qu’il y a de l’espoir dans le désespoir actuel. A lui de choisir l’espoir et d’assumer sa nouvelle histoire.

Abidjan le 8 Mai 2008

Dr Martial Joseph AHIPEAUD

Président de l’UDL

Gbagbo Boulanger?

Je vais, dans cette rubrique, faire mon commentaire composé sur un fait de l’actualité.

je souhaite revenir sur quelques points que j’ai trouvés importants pour en faire une lecture personnelle.

En tout état de cause, mon avis ici n’engage personne d’autre que moi. Mais comme je vous l’avais annoncé, je ne veux utiliser ici la langue de bois des politiciens qui croient que l’art politique n’est que roublardise, impondérance et au-delà de tout, clientélisme. Pour moi, tous ces mots ont un sens. C’est d’ailleurs le cas du mot boulanger.

Effectivement, le mot est une source créatrice. Cela n’est en rien de moi mais de la bible puisqu’au commencement était le verbe et le verbe était avec Dieu et le verbe était Dieu. Oui! Le verbe est divin. Il est l’essence, sinon la quintessence de toute chose. C’est pour cela que le verbe détermine et reste un déterminant. Il est une chose de paraître et une autre d’être. Le paraître n’engage que celui qui veut voir autre chose que ce qui est. Or ce qui est ne peut être que la vérité. En un mot, un mot renvoie à une entité supérieure à celle que l’on veut y voir.

C’est ainsi le cas du mot boulanger qui prend ici, non plus le sens de celui qui utilise de la farine pour faire du pain ou de ces merveilles de la pâtisserie. Pour quelqu’un comme moi qui suis friand de la baguette des gaulois, j’avoue que le terme boulanger a toujours été lié au délice. Mais lorsque le Général Guéi donna une définition succincte du “gbagbisme”, c’est-à-dire l’art politique de Gbagbo, comme étant l’enfarinade ultime, j’avoue que j’ai été très choqué. Passé le premier moment de rires, j’ai fini par reconnaître que nombre de personnes n’ont pas compris la philosophie et l’art tactique de l’enfant de Mama.

Ce dont il s’agit ici, n’est rien d’autre que de l’art. Non pas stratégique, mais purement tactique. Car si la stratégie se projette comme une perspective globale et finale, la tactique reste les moyens pratiques, concrets qui permettent d’aboutir à cet objectif. Ainsi, Machiavel lui-même, observant le jeu de son temps, fera dans “le Prince”, l’apologie de la tactique comme art de la gestion du pouvoir.

Quand le Prince par exemple devient doux puis violent ou encore quand l’esclave qui veut s’affranchir prend toutes les ordonnances du maître pour entrer dans ses faveurs avant de l’assommer, cela n’est rien d’autre que de la tactique. C’est en dernière analyse le moyen que l’on déploie pour aboutir à un objectif ultime qu’on s’est fixé. Ce qui compte, ce n’est pas ce que les autres diront mais c’est la capacité, en soi, de l’arme mise en branle, à atteindre son but qui fait parti d’un ensemble précis. Le tacticien a ainsi, dans son objectif ou encore sous ses yeux, son but stratégique et manœuvre pour l’atteindre.

L’ultime art en la matière, dira Sun Tsu, est de vaincre sans même combattre. Ici, dans le cadre qui nous concerne, c’est de faire croire aux autres qu’on est en plein dans l’amusement alors qu’on est de fait au Cœur de la guerre politique.

Qu’est-ce à dire si ce n’est que Gbagbo n’est rien d’autre qu’un maître de la tactique. Il n’est pas un boulanger mais un Grand Maître qui manœuvre pour atteindre l’objectif ultime qu’il s’est fixé. Je ne suis donc pas de l’avis de ceux qui disent qu’il est « boulanger ». Car ici comme ailleurs, ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on croit mais la réalité de ce qui est en dehors de notre perception.

 Je voudrais tout simplement faire une remarque de bon sens: comment un dialogue peut-il être autrement que direct? Répondons ensemble à cette question et on aura fait un résumé de l’art tactique gbagbiste qu’un ami, du temps de notre journal Le Fédéral, a décrit comme le crabisme.

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