EXTRAIT DU LIVRE « LA FESCI AU TEMPS DES DEMOCRATES. 1990-1994 »
20 mars, 2009 @ 11:51 CHRONIQUES

EXTRAIT DU LIVRE «  LA FESCI AU TEMPS DES DEMOCRATES. 1990-1994 »  MES ANNEES AU LYCEE ET MON ENGAGEMENT MILITANT 

J’étais en pleine session de jeu avec mes autres frères quand la mort de notre père fût annoncée. Après les funérailles, je décidai de quitter Lakota pour Divo où je vécu avec mon cousin, aîné de la famille Tcheklè Ahipeaud, Mr Azowa Lucien. Avec le processus de démocratisation interne, notre second cousin, Mr Begnana, alors inspecteur général de l’ Agriculture et ancien Directeur général de la SOCATCI décida de relever la mémoire de son oncle à Lakota. Il fut élu par le peuple de Lakota comme héritier spirituel de son oncle et devînt député de Lakota. Son frère aîné, devenu entre temps mon tuteur, retournât donc avec lui à Lakota et me laissât à Divo. j’étais alors en 5ème au Lycée Moderne de Divo. Je passai la 4ème chez le père de mon ami de lycée, Coffi Gadji et l’année d’après, chez ma tante infirmière à l’hôpital de Divo. Celle-ci, Madeleine Ogou, était une grande dignitaire du PDCI à Divo et venait du coté maternel de mon père, de la région de Dièsse. 

N’arrivant pas à me fixer avec les tuteurs pour des raisons tant de compatibilité d’humeur que de manque alimentaires, je me résolu à  rester chez mon ami Arsène Sylvestre Gokou en dépit de la situation précaire dans laquelle nous nous trouvions. C’est la retour au village d’un ami de mon frère, Eugène Toutoukpeu Dago qui me permît d’avoir la sérénité matérielle. Gouadani comme il était connu, était le fils d’un douanier qui vivait à Daloa. Ami des grands loubards de cette Eburnie des années 8 notamment Serges Dailly, John Pololo et autres, il était craint de tous dans la ville. Devenu mon tuteur, il m’aidât en me cedant une chambre entière dans la villa de son père qui avait de l’électricité et de l’eau courante. Un vrai vrai luxe pour quelqu’un qui avait traversé une de ces galères !. C’est doc à juste titre que je passai haut la main le probatoire et le baccalauréat série A2 en 1984 et 1985. Mon professeur d’Allemand m’avait puni en ne m’orientant pas en première D alors que ma moyenne en mathématiques me le permettait. Il avait dit au conseil de classe que j’avais été un illustre fantôme à son cours et qu’il entendait me voir affronter le probatoire littéraire avec l’Allemand comme seconde langue. Mais j’avais réussi à lui battre le caquet en triomphant aux examens. Au bac, j’avais même fait un grand bond en obtenant une note je crois de 6/20 alors que notre première de classe en Allemand avait échoué à cause de son 2/20. En réalité, mes notes en Histoire–Géographie, Philosophie, Français et surtout Mathématiques m’avaient sauvé du désastre. En fin de compte, alors que notre pays traversait une des crises économiques les plus graves de son histoire, je me trouvais au seuil d’une nouvelle aventure avec le début des années d’étude à l’université. 

C’est cette année que je découvrît pour la première fois l’action militante. En effet, les effets du programme d’ajustement structurel faisaient rage déjà dans le secteur de l’Education. Le gouvernement qui se vantait de sa politique de scolarisation faisait face maintenant à des contradictions énormes. Ainsi, malgré les proclamations d’une politique volontariste de progrès, il avait construit un système éducatif marqué essentiellement par le sceau de la sélection. D’abord au niveau du primaire, le gouvernement s’était déjà désengager depuis 1965 dans le but de réduire le nombre d’enfants accédant à l’école primaire. Cependant, la volonté des communautés villageoises et locales doublée de l’évolution du secteur privé avaient permis à nombre d’enfants d’accéder à l’école. Ni l’entrée en 6ème qui rejetait presque 80% des inscrits au primaire, ni l’orientation en seconde, encore moins le probatoire responsable d’une première massive émigration de la jeunesse Ivoirienne au Burkina et au Bénin, encore moins le bac n’avaient  empêché le nombre d’étudiants d’accroître.. 

C’est ce parcours de combattant qui me permit d’accéder à l’université en 1985. Or cette année, en raison de l’application du PAS, le nombre de boursiers à l’université avait été réduit dramatiquement. Sur un total de près de 250 étudiants en première année d’ Histoire et de Géographie, seuls 19 eurent droit à la bourse.. D’ailleurs, un nombre de bacheliers n’avait pas été orienté à l’université. Le gouvernement estimait que les survivants étant mieux lotis que ceux qui n’avaient pas pu avoir accès à l’université, devraient se contenter de faire leurs études et se taire ou alors ils s’exposeraient à l’exclusion avant même d’avoir commencé les cours. Une première grève fut matée et les meneurs dont notre ami Djédjé furent kidnappés à l’insu des autres membres  du comité de grève pour être déportés à Seguela. Nous l’apprîmes qu’en 1989 quand Djédjé fut libéré après trois ans de détention sans jugement dans la pénombre du parti unique au zénith de sa gloire mais à la veille de sa décadence. 

C’est donc par la suite qu’informé par un ami de mon frère des relations entre Mr Belkiri et mon père que je demande un rendez-vous à la présidence pour rencontrer le secrétaire du gouvernement. A cette rencontre qui eut lieu début janvier 1986, je lui demandai de bien vouloir intervenir auprès de la direction des bourses afin que je reçoive la bourse. Je lui expliquai que je remplissais les critères étant orphelin avec une mère ménagère sans aucune ressource et que par conséquent, eu égard à mes résultats dans les matières respectives, je ne pouvais qu’être prioritaire sur la liste et donc boursier. Je lui dit alors que le système n’était pas juste et qu’il fallait réparer l’erreur. Après m’avoir écouté, il me fit comprendre qu’il comprenait mes ressentiments mais il avait une offre plus concrète à me faire: en lieu et place d’une bourse de l’état, il m’offrirait une bourse à la présidence du montant égal à celui des étudiants. Je me plaignais d’une injustice, et on m’offrais non pas de revoir la situation, mais de me taire dans mon coin et accepter d’aller à l’école.

N’étant pas tout à fait satisfait, mais ne pouvant faire autrement, j’acceptai et dès lors, je perçus ma bourse de 40.000fcfa à la présidence de Janvier 1986 à Juillet 1990. En juillet 1990, après avoir annoncé qu’il savait que j’avais rédigé le manifeste de la FESCI et que j’avais été parmi les étudiants contestataires et que par conséquent le président en était époustouflé, il m’offrit de partir faire mon doctorat en France et oublier la FESCI. Je lui demandai de bien vouloir accepter que je finisse mon mandat et que j’étais prêt à reconsidérer son offre hors mandat. Il rétorqua qu’il comprenait que je sois un peu déçu après que j’eus fini mon mémoire de maîtrise sur le PDCI et que par conséquent j’en arrive à une situation de doute sur le président. Cependant, il me fallait penser aux conséquences, surtout sur mes petits frères qui eux aussi bénéficiaient des largesses de l’enveloppe présidentielle. Je lui répondit que je croyait pourtant que chaque Ahipeaud venant à la présidence le faisait parce que le président voulait aider les enfants de l’homme qui lui avait sauver a vie en 1949-1950 quand il fut informé de l’ordre de détruire le président du RDA venu de France. En effet, c’est lors de mes recherches que Belkiri lui-même m’expliquât les raisons de la radiation de mon père de l’administration coloniale. 

-martialahipeaud
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