posts de décembre 2008


Le sens de notre lutte : Bonne et Heureuse Année Ivoirois, Ivoiroises et à tous ceux qui aiment l’Afrique!

Dans un pays où une femme enceinte accouche un serpent à la place des jumeaux qu’elle attendait, ou encore un enfant est né sans ses yeux, et enfin, des étudiantes se prostituent dans les bars de Biétry à 5000 F Cfa ( 8€) la passe, il n’y a plus rien qui puisse choquer. Mais, pour cette fin d’année, je vais vous faire des vœux, Ivoirois, Ivoiroises et tous ceux qui aiment l’Afrique.

Je suis arrivé depuis quelques jours à Londres où vivent ma femme et mes enfants. Ma dernière accepte un peu difficilement ma longue absence, puisque je suis depuis cette année enseignant à l’université de Bouaké. L’aîné est sur sa PlayStation 3 en pleine démonstration de la réalité de la mondialisation par la révolution technologique. Il passe le clair de ses vacances à jouer avec ses amis et d’autres jeunes sur le net à travers le monde par le biais de leur produit Sony via l’accès internet sans fil. Visiblement, il est dans son monde comme tous les enfants ici qui sont accoutumés à la révolution du virtuel.

Dans la journée, je me perds dans mes pensées et mon épouse me ramène sur terre en me demandant à quoi je pense. Mais est-ce que j’ai vraiment le courage de lui dire ce à quoi je pensais ? Justement, mes pensées allaient directement vers la question fondamentale de ce qui justifiait mon départ sur Abidjan et mon absence prolongée loin de ma famille. Pourquoi, diplômé SOAS, je me retrouvais en plein drame scientifique à l’université de Bouaké ? Car à Bouaké, les enseignants font grève parce qu’ils n’ont pas encore reçu leurs primes de correction de l’année 2006-2007, alors qu’ils sont en train de finir (en décembre 2008), l’année scolaire 2007-2008. Voilà où je me retrouve avec, en plus, des devoirs d’étudiants qui ont failli me donner une dépression en raison de leur bas niveau.

En fait, avec mon arrivée sur place à Abidjan, j’ai pu entrer en contact avec la réalité de mon pays. Certainement que j’exagérais lorsque je croyais que la situation était grave. Aujourd’hui, je crois que j’étais même très optimiste puisque le pays risque de ne plus exister dans quelques années. Voilà où nous en sommes après dix années de lutte pour la démocratie et le développement ! Car il ne faut point se tromper. Tout est à l’envers dans le pays. Les valeurs existantes ont pour nom : course folle à l’argent, dévergondage sexuel immonde généralement admis comme norme, corruption généralisée, destruction des acquis, démolition à grande vitesse des infrastructures, société de connivence et de pillage, bref, mort lente de toute une nation.

Je ne sais pas si Dieu a voulu que je sois sur place pour comprendre ce qui se passe. Mais, maintenant que je suis revenu pour les vacances à Londres, je suis en pleine crise psychologique. Comment tout cela arrive et que rien ne peut empêcher cette chute pourtant annoncée et connue de tous ? Vers quoi allons-nous ? Comment pourra-t-on rattraper le retard que nous accumulons ? Qu’est-ce que nous retrouverons comme pays dans les trois ou cinq années à venir ? Peut-on encore se payer le luxe de report sine die des élections ? Les élections sont-elles vraiment la solution si solution il existe encore ?

Comme si tout cela ne suffisait pas, Ouaga 4 nous annonce clairement que les élections se tiendront dans deux ans alors que le facilitateur lui-même disait qu’Avril 2009 était la date fétiche. Pourquoi puis-je affirmer que 2010 est la date fixée finalement pas Ouaga 4 ? Tout simplement parce que selon les conclusions rapportées par la presse proche du dossier, les forces armées nationales seront parachevées dans leur mouture finale par le président élu un mois après son élection et cela dans un processus qui devra durer au plus deux ans. En d’autres termes, la nouvelle armée sera finalisée par le nouveau président alors que personne en dehors de Gbagbo n’est associé à cet accord.

Et si ce dernier n’était pas élu ? Quel président pourra diriger un pays avec une telle armée ? Une telle armée pourra-t-elle assurer la paix et la sécurité demain dans un pays sans le consentement de l’ensemble desIivoiriens ?

On nous appelle vraiment Ivoiriens à dessein. Pour imiter le maître de la parole, je dirai qu’il faut scinder le mot en trois parties : ‘‘I’’ pour dire que les gens qui ont la gestion du pays pensent d’abord à leurs personnes. I en anglais, c’est MOI et si nous voulions traduire en chiffre, ce serait 1. Donc, à tout point de vue EGOCENTRISME. Ensuite, nous voyons ‘‘VOI’’, c’est-à-dire, la vision, la voie à suivre, les perspectives. Cependant, le ‘‘RIEN’’ annule complètement le concept précédent. En d’autres termes, IVOIRIEN= Egoïste qui n’a aucune vision, aucune perspective, bref, un véritable ignare.

Est-ce pour cela que, ce pour quoi nous avons fait la rupture avec le parti unique, a donné un tel désastre ? Pourquoi dit-on que c’est le pouvoir qui change l’homme alors que l’homme devrait changer le pouvoir ? Si c’est pour faire les mêmes choses, pourquoi alors s’emmerder ou alors se mettre un doigt dans l’œil en prétendant que nous luttons pour notre peuple ? N’est-il pas mieux dans ces conditions de rester dans nos conditions actuelles en cherchant à les améliorer ? Pourquoi accepterai-je de faire souffrir ma famille pour reproduire les mêmes pourritures ? Pourquoi devrais-je risquer les frappes nocturnes des escadrons de la mort? L’esprit d’Hérode règne sur la nation. Que peut faire un pauvre enseignant comme moi ?

Si je ne connais pas les réponses à toutes ces questions, je sais au moins une seule chose : c’est que je ne suis pas un IVOIRIEN mais un IVOIROIS. Oui, Ivoirois car j’ai eu une vision royale pour mon pays et je l’ai partagée avec toute une génération. Je pouvais me tromper. Mais je ne crois pas que ces millions de jeunes et de vieux qui ont cru en notre lutte se soient tous trompés. Sauf s’ils ont cru que nous avions la même vision. Moi, en tout cas, ma vision, c’est de voir un jour les enfants de mon pays être capable de participer à la mondialisation, non pas comme des victimes, mais bien comme des acteurs. Je sais que ma vision, hier comme aujourd’hui, reste de pouvoir être libre dans mon pays ou alors de gagner décemment ma vie par le travail honnête. Je ne crois pas que ma fierté sera de me pavaner sur des routes à trous de la mort dans quelques 4X4 rutilantes. Je ne crois pas non plus que mon rêve est de me voir seul triomphant dans ma famille. Bien au contraire, j’ai participé à l’éclosion de milliers de fleurs même si certaines nous ont piquées, elles restent des fleurs qui ont besoin d’entretien.

Je ne crois pas avoir tué le génie de chacun pour mon triomphe égoïste. Si mon diagnostique est vrai, je crois avoir été seulement un chef d’orchestre qui a permis à toute une génération de prendre ses responsabilités historiques. Ma victoire a été celle de toute une élite et non pas celle d’un génie que je serais.

C’est pour cela que je crois qu’il est juste, une fois de plus, de prendre ce risque pour mener le même combat. Mon épouse reste mon soutien, ma génération mon inspiration et Dieu ma bannière. Avec Dieu, nous ferons le miracle du changement de notre propre histoire. Et ça, c’est aussi le sens de notre lutte : espérer par la foi, agir par la raison, triompher par l’audace, et cela, ensemble, ici et maintenant. Que l’année 2009 soit celle de la fin du cycle du tourbillon.

Dieu vous bénisse !

Martial Joseph AHIPEAUD

President de L’Union pour le Développement et les Libertés – U.D.L.

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