PROPOSITION DE SORTIE DE CRISE
17 septembre, 2007 @ 2:05 LETTRES OUVERTES

LETTRE OUVERTE AU PEUPLE IVORIEN
NOS PROPOSITIONS CONCRETES DE SORTIE DE CRISE

Alors que nous nous rapprochons de la fin de la période de transition qui devrait permettre au premier ministre nommé par la communauté internationale, le bilan reste quelque peu mitig’e sinon absolument decevant.

D’une part, nous avons assisté à un réniement de ses propres principes par le premier ministre qui, loin de proposer au peuple ivoirien un gouvernement non partisan, jeune et hautement porté sur les valeurs de probité et de passion pour la chose publique, a finalement réunis les mêmes qui sont la cause du blocage du processus de réconciliation au sein d’un gouvernement incapable de fonctionner dans l’unité républicaine. Les mêmes vieilles têtes qui sont la cause de la crise ont été priés de reprendre du service avec une tendance quelque peu plus tribale que nul autre gouvernement sous la deuxième république.

Par ailleurs, comme il fallait s’y attendre, le chantage de la rue qui consiste à paralyser l’état et la république pour exiger des concessions sur la forme et le fond des mesures gouvernementales a continué et s’est même amplifié. Il aura fallu attendre une confrontation des jeunes-une fois encore, confrontation qui tirait vers une guerre civile ouverte pour que des concessions se fassent sous la forme de pacte de la paix des braves.

Mais nul n’est dupe de ces contrats de dupe que d’aucuns rénieront à la première occasion justement en fonction des enjeux des prochaines réunions prévues en Septembre 2006 à New York, au siège des Nations-Unies.

En somme, bien que bien de responsables politiques du pays veulent croire en la souveraineté nationale, force est de constater que la crise est gérée depuis l’ext’erieure et les dirigeants ivoiriens sont satisfaits de cette situation aussi longtemps que leurs privilèges sont intacts notamment leur maintien d’un système politique concédant la partition des rôles : partition du térritoire, partition des aires de gestion, donc rationalisation incroyable de la mangécratie à l’heure de l’état pluriel décadent et ouvertement corrompu.

Loin de résoudre les questions de fond, le gouvernement Banny aura encore compliqué la situation avec les jeux bizarres que tous savent mais que personne ne veut dénoncer notamment la tactique du pourrissement de la situation pour une éventuelle récupération soit des appareils politiques, sinon de l’état par la voie de la technocratie internationalisante.

En d’autres termes, attendons pour mettre les autres au déhors pour récupérer le pouvoir avec le soutien de l’extérieur. Même les dernières actions et déclarations nous confirme dans la vision que les acteurs de la crise actuelle ne veulenet de sa résolution mais entendent s’entendre pour une gestion néopatrimoniale des ressources nationales pour leur compte au détriment du peuple ivoirien en général, de la jeunesse en particulier en raison des répercutions sociales et économiques catastrophiques de leur incapacité ou leur mauvaise foi à résoudre la crise.

La crise des audiences foraines prouvent au moins une chose : la guerre est belle et bien finie. Car nous sommes maintenant au coeur, sinon au noeud gordien de la crise à laquelle notre notre pays fait face depuis 1980: le choix du peuple au travers de la transparence du processus électoral.

En effet, si certains dénoncent les malversations sur les futures listes à cause des audiences foraines qui permettraient à leurs adversaries d’avoir “un électorat captif”, d’autres fustigent la mauvaise foi de certains “auto-proclamés démocrates” qui veulent “empêcher leurs opposants à avoir leurs papiers”. Cette bataille de l’identification de la population votante trouve sa raison d’une part dans le mode du scrutin et d’autre part dans l’histoire des élections passées. Ainsi, le mode de scrutin pour les élections locales imposant un seul tour, alors le potentiel gagnant des futures joutes sera celui qui aura pu introduire le plus de potentiels électeurs. C’est de là que vient le concept d’électorat captif. Cela est d’autant plus difficile à accepter que dans un passé recent, certains ont crié dans la presse avoir donné des millions de cartes d’identité nationale aux étrangers pour gagner les élections passées.

En clair, l’enjeu de la bataille des audiences foraines n’est ni la réunification du pays, ni son bradage encore moins le refus de voir le processus de paix aller à son terme mais bien LA GUERRE DES NERFS POUR LES PROCHAINES ELECTIONS.

En fait, nous sommes en plein dans la bataille des prochaines élections. Reste la question de savoir comment passer ce cap popur permettre au peuple ivoirien de renouer avec son histoire et dégager par là des perspectives meilleur pour notre Nation ?

A l’UDL, nous sommes convaincus que la crise est à son terme. C’est pour cela que nous entendons faire les propositions concrètes suivantes qui, si elles rencontraient l’adhésion de l’ensemble des protagonistes et surtout celle du peuple ivoirien dans toutes ses composantes, devraient nous permettre tous de sortir de la crise actuelle dans les douze mois qui suivront la fin de la transition Banny.

1- Les conditions préalables : l’organisation du consensus sur le processus électoral

Nous croyons fermement que les différents protagonistes devraient faire montre de sérénité dans leur approche de la question de l’établissement des populations votantes. Car c’est, en définitive, de cela qu’il s’agit.

La réussite du processus de paix passe par un consensus des forces politiques sur la forme comme le fond en ce qui concerne les problèmes liés au processus électoral.

Car à ne point s’y méprendre, ce sont les élections calamiteuses organisées depuis 1990 qui sont aussi en grande partie les causes fondamentales de la crise socio-politique actuelle. L’identification de la population dans la violence ne peut que contribuer à jeter le discrédit sur tout le processus et remettre en cause les équilibres trop fragiles, voire même les résultats des prochaines joutes électorales. Il ne s’agit pas de faire les audiences foraines contre vents et marrées mais de bien faire accepter à tous la méthodologie.

C’est pour cela que l’UDL avait estimé et continue de croire que les audiences foraines, dans un contexte marqué par la suspicsion générale de fraude électorale et de mauvaise foi manifeste ne peuvent qu’aggraver la crise. Au pire, nous revenons à la case de départ, soit à la surenchère populiste et ultra-nationaliste. Au mieux, on reste sur place et Octobre 2010 nous trouvera sans avoir pu organiser des élections.

L’UDL estime que la revendication de la concomitance signifie tout simplement organiser tout le processus électoral en MEME TEMPS SUR TOUTE L’ETENDUE DU TERRITOIRE. Cela suppose clairement que concomittance ne veut pas dire désarmer dans le nord et identifier dans le sud mais tout simplement désarmer PARTOUT et identifier PARTOUT. Le hic est que, pour le faire, il faut retablir l’autorité du gouvernement, sinon de l’ETAT, sur TOUTE L’ETENDUE DU TERRITOIRE. Pour certains, cela signifie désarmer puis identifier alors que pour les autres c’est identifier puis désarmer. La cause de ce meli-mélo reste la méthodologie.

Si la proposition d’organiser un forum national est juste, reste encore les voies et moyens d’y parvenir : qui sera participants ? quel pouvoir aura un tel forum vue que celui de 2001 a débouché sur la guerre civile ? l’existence de la guerre n ‘est-elle pas une remise de cette idée d’autant plus que le forum a pour objet de faire eviter ce genre de dérapages. En un mot, le forum n’est pas dans l’état actuel de notre pays, le lieu de résolution du conflit.

Qui plus est, l’UDL n’est pas pour une prolongation ad vitam eterna de la transition. Ici encore, se pose la question de qui dirigera une telle transition ? Avec ou sans l’actuel exécutif ?Avec ou sans la classe politique actuelle ? Ou trouvera t-on ces oiseaux rares qui viendraient remettre le pays en ordre en d’ehors du système actuel ?

L’administration onusienne devrait-elle prendre tout le processus en main ?

L’UDL estime que même si toutes ces propositions restent valables, elles souffrent du manque de volonté politique des acteurs par rapport à une sortie de crise effective et définitive. La guerre peut-elle dans ces consitions être une solution idéale.

L’UDL pense que la guerre, quelque soit le vainqueur, nous aménera une dictature hideuse et haineuse et par conséquent, reste la dernière des options possible.

L’UDL estime que seule l’organisation d’élections transparentes reste la voie vers le retour de la norme sociale et politique. La difficulté principale n’est pas les hommes mais le cadre institutionnel et idéologique dans lequel ils opèrent. Quelques soient les forums ou les marcoussis, sinon les accra, si les hommes politiques ne veulent pas de la démocratie, c’est-à-dire le choix des dirigeants dans la transparence, nous resterons toujours à la même place dans une décennie.

C’est pour cela que l’UDL entend faire les propositions suivantes :

2- Les Propositions concrètes
1. Etendre l’autorité de l’état sur toute l’étendue du térritoire national par le redéploiement des organes responsables du processus électoral. Il s’agit notamment du démembrement local de l’Office National de l’identification, de la Commission Electorale Indépendante et de l’administration centrale sous la protection efffective des forces des Nations-Unies. Cette mesure permettra de tester la bonne foi des Forces Nouvelles et la fiabilité de l’ONUCI en ce qui concerne la sécurité des personnes dans la partie septentrionale du pays.

2. La publication des listes électorales consolidées des élections de 2000, 2001 et 2002 et leur validation par les populations. La publication des listes électorales consolidées devrait permettre non seulement de faire le point sur l’ampleur des déplacements des populations et sur le nombre de personnes qui resteraient à identifier. Car en permettant aux populations de valider les listes dans les bureaux de vote ouverts à cet effet, la CEI pourrait recevoir les requêtes des personnes déplacées et de celles qui ne figurent pas sur les listes pour milles et unes raisons. Il restera alors, lors des audiences foraines locales, aux juges mandatés, à l’ONI locale en accord avec la CEI locale, de valider les requêtes des personnes ne figurant pas sur les listes ou qui n’auront pas de documents administratifs pouvant leur permettre de valider la liste électorale. Il s’agira principalement de ceux qui auront eu 18 ans après 2002 et ceux qui n’auront jamais eu de papiers dans notre pays. Il est clair que cette mesure permettrait de sauver du temps et de permettre aux juges de se concentrer sur la petite portion de personnes concernées par le cas d’absence totale de pièces d’identité.

3. Distribution des pièces d’identité et des cartes électorales sécurisées dans un délai de trois mois après publication des listes électorales par les ONI locales sous la supervision de la CEI et de l’ONUCI.

4. Identification, Désarmement et Démantèlement des forces en conflit sur toute l’étendue du térritoire ici et maintenant.

5. Sécurisation du processus électoral par l’ONUCI et organisation des élections générales dans les six mois après la validation des listes électorales

3- Le Chronogramme

En terme de gestion du temps, l’UDL voit tout ce processus se dérouler de la manière suivantes :

· Redéploiement de l’administration centrale et des structures locales de l’ONI et de la CEI ainsi que la publication des listes électorales consolidées avant le 31 Octobre 2006

· Validation des listes et organisation des audiences foraines locales pour recueillir les réclamations des populations n’ayant pas de papier ou qui devraient être inscrites sur les listes entre le 1er Novembre et le 31 Décembre 2006

· Fin du processus de regroupement des combattants et leur identification suivi de leur désarment entre Septembre et Décembre 2006. Il reste que si le processus est retardé, cela ne devrait aucunement dépendre des conditions politiques externes au processus technique mais bien le fait de la gestion strictement technique du processus

· Deuxième publication des listes électorales et deuxième validation par les populations entre Janvier et Fin Février 2007

· Distribution des cartes nationales d’identité et des cartes d’électeurs sécurisées entre Mars et Avril 2007

· Organisation des élections locales (Mai-Juin 2007), dépatementales (Août 2007), législatives (Septembre 2007) et présidentielles (Octobre 2007). Cet ordre devrait permettre au gouvernement de gérer les tensions et améliorer les procédures au fur et à mesure que l’on se rapprochera des échéances cruciales des présidentielles.

Il reste la question de qui dirigera cette période. L’UDL estime que la communauté internationale qui a le dernier mot en la matière devra juger si le bilan du gouvernement Banny est satisfaisant et s’il peut mettre en application une telle perspective. Dans le cas ou cette communauté internationale conclurait en un bilan positif, il lui faudra renouveler sa confiance en l’actuelle équipe. Dans le cas contraire, il lui faudra prendre une mesure radicale qui consisterait à organiser elle même la procédure électorale sous la conduite d’un administrateur délégué impartial sans la participation des acteurs actuels.

Pour l’UDL, Le 18 Juillet 2006
Le Président

Dr M.J. AHIPEAUD

-martialahipeaud
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