Soro Premier Ministre : L’ère des temps qui changent
28 mars, 2007 @ 9:41 PERSPECTIVES

La semaine dernière, je vous avais promis un petit tour du côté de Ouagadougou pour qu’ensemble, nous refassions une visite plus onctueuse des lieux de l’Accord. Je pense que les nouvelles de ce jour sont bonnes et confirment ce que nous savions depuis décembre, à savoir la nomination du leader des Forces Nouvelles, Guillaume Kigbafori Soro, à la primature. Il est certes important de prêter une attention au cri de détresse d’un autre chef de la rébellion qui, par le biais du frère Claude Sahi – connu aussi sous le pseudo du temps de la Fesci comme l’Enfant Mystère-, a réclamé sa part du pouvoir. Mais la vraisemblance est que le petit de Ferké est dans les couloirs de la République et s’apprête à devenir le sixième Premier ministre de la Côte d’Ivoire indépendante.

Commencée comme un coup d’état, la rébellion a eu le temps de s’ennoblir après avoir été traitée de tous les noms par les «patriotes ». On se rappelle que le frère de Dacoury Tabley, docteur de son Etat, a été sauvagement assassiné par des extrémistes qui n’ont pas supporté son ralliement à la dissidence armée contre le pouvoir de leur frère commun Laurent Gbagbo. Lorsqu’aux lendemains de l’Accord de Marcoussis Soro Guillaume annonça que la rébellion avait le ministère de la défense et des postes clés du gouvernement, une violente manifestation conduite par son ex-frère de lutte de la Fesci, Charles Blé Goudé, a même failli emporter les éléments du sous-sol de la presqu’île de la lagune Ebrié. Depuis lors, le temps est passé.

Il y a eu la tentative de reprise de Bouaké qui a occasionné des larmes dans tous les camps. Les « patriotes » ont perdu une cinquantaine de leurs partisans dans leur résistance contre la réplique des soldats français dont le camp avait été confondu, comme par hasard à celui des rebelles par l’armée de l’air de « la Côte d’Ivoire utile ». Puis ce sera le tour des Premiers Ministres Diarra et Banny de vainement tenter de s’emparer de la citadelle imprenable de Koudou, creusant de fit leurs propres tombeaux. La suite est sans commentaire : un échec cuisant.
Mais tout ceci a laissé des traces chez le natif de Mama, qui semble lui aussi fatigué de cette guéguerre et souhaite, pour une fois, engranger les fruits de la tactique patriotique par la voie des urnes.

En acceptant dans le cadre du dialogue direct de faire des concessions ultimes pour la paix, Laurent Gbagbo veut reconnaître qu’il n’a pas pu vaincre son « petit » dans ce face-à-face inutile qui enlise notre pays dans la misère depuis 2002. Fort heureusement, le temps a coulé, la sagesse a gagné du terrain. Laurent Gbagbo est revenu vers son ami Blaise pour discuter des conditions d’un retour à une paix durable et définitive. D’ailleurs contre toute attente, les partisans les plus fervents de la guerre, reviennent sur leurs propos et se proclament chantres de la paix. Nous sommes heureux qu’ils entendent enfin raison et nous rejoignent.
En effet, nous avons toujours soutenu deux choses fondamentales dans la crise ivoirienne :
· L’origine politique de cette crise qui a pour source le refus de la classe politique de rénover le vieux système de gestion politique de la société, et
· d’autre part, la primauté des négociations entres les belligérants, condition sinequanon pour mettre fin à cette crise.
Cette dernière position était due au fait que compte tenu de la place prépondérante dans la géopolitique sous-régionale de notre pays la Côte d’Ivoire, une victoire par les armes d’une des parties signifierait tout simplement le bouleversement des donnes stratégiques en Afrique Subsaharienne. Et cela impliquait trop de choses que nombre de personnes ne voulaient aucunement voir.

Par conséquent, le dialogue direct prend ici la forme de la reconnaissance des limites des options passées. En clair, c’est l’admission qu’il faut changer les choses, ici et maintenant. C’est dans cette perspective que le locataire de la primature devient un symbole. C’est le signe des temps qui changent : le temps de la démocratie contre la guerre, le temps de la paix contre la barbarie, le temps du retour tout simplement aux revendications ultimes des signataires de l’autre Accord aujourd’hui oublié, l’Accord de Korhogo. Oui Soro à la primature signifie tout simplement le début de l’application des revendications de la coordination de la gauche démocratique. Le dialogue direct subira-t-il le même sort que l’Alliance de Korhogo ? La jeunesse prendra-t-elle la mesure de ce bouleversement pour prendre le pouvoir ? On verra dans dix mois si les rails qui ont mené les gens à Ouaga tiennent toujours la route.

-martialahipeaud
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