Gbagbo Boulanger?
19 mars, 2007 @ 8:35 CHRONIQUES

Je vais, dans cette rubrique, faire mon commentaire composé sur un fait de l’actualité.

je souhaite revenir sur quelques points que j’ai trouvés importants pour en faire une lecture personnelle.

En tout état de cause, mon avis ici n’engage personne d’autre que moi. Mais comme je vous l’avais annoncé, je ne veux utiliser ici la langue de bois des politiciens qui croient que l’art politique n’est que roublardise, impondérance et au-delà de tout, clientélisme. Pour moi, tous ces mots ont un sens. C’est d’ailleurs le cas du mot boulanger.

Effectivement, le mot est une source créatrice. Cela n’est en rien de moi mais de la bible puisqu’au commencement était le verbe et le verbe était avec Dieu et le verbe était Dieu. Oui! Le verbe est divin. Il est l’essence, sinon la quintessence de toute chose. C’est pour cela que le verbe détermine et reste un déterminant. Il est une chose de paraître et une autre d’être. Le paraître n’engage que celui qui veut voir autre chose que ce qui est. Or ce qui est ne peut être que la vérité. En un mot, un mot renvoie à une entité supérieure à celle que l’on veut y voir.

C’est ainsi le cas du mot boulanger qui prend ici, non plus le sens de celui qui utilise de la farine pour faire du pain ou de ces merveilles de la pâtisserie. Pour quelqu’un comme moi qui suis friand de la baguette des gaulois, j’avoue que le terme boulanger a toujours été lié au délice. Mais lorsque le Général Guéi donna une définition succincte du “gbagbisme”, c’est-à-dire l’art politique de Gbagbo, comme étant l’enfarinade ultime, j’avoue que j’ai été très choqué. Passé le premier moment de rires, j’ai fini par reconnaître que nombre de personnes n’ont pas compris la philosophie et l’art tactique de l’enfant de Mama.

Ce dont il s’agit ici, n’est rien d’autre que de l’art. Non pas stratégique, mais purement tactique. Car si la stratégie se projette comme une perspective globale et finale, la tactique reste les moyens pratiques, concrets qui permettent d’aboutir à cet objectif. Ainsi, Machiavel lui-même, observant le jeu de son temps, fera dans “le Prince”, l’apologie de la tactique comme art de la gestion du pouvoir.

Quand le Prince par exemple devient doux puis violent ou encore quand l’esclave qui veut s’affranchir prend toutes les ordonnances du maître pour entrer dans ses faveurs avant de l’assommer, cela n’est rien d’autre que de la tactique. C’est en dernière analyse le moyen que l’on déploie pour aboutir à un objectif ultime qu’on s’est fixé. Ce qui compte, ce n’est pas ce que les autres diront mais c’est la capacité, en soi, de l’arme mise en branle, à atteindre son but qui fait parti d’un ensemble précis. Le tacticien a ainsi, dans son objectif ou encore sous ses yeux, son but stratégique et manœuvre pour l’atteindre.

L’ultime art en la matière, dira Sun Tsu, est de vaincre sans même combattre. Ici, dans le cadre qui nous concerne, c’est de faire croire aux autres qu’on est en plein dans l’amusement alors qu’on est de fait au Cœur de la guerre politique.

Qu’est-ce à dire si ce n’est que Gbagbo n’est rien d’autre qu’un maître de la tactique. Il n’est pas un boulanger mais un Grand Maître qui manœuvre pour atteindre l’objectif ultime qu’il s’est fixé. Je ne suis donc pas de l’avis de ceux qui disent qu’il est « boulanger ». Car ici comme ailleurs, ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on croit mais la réalité de ce qui est en dehors de notre perception.

 Je voudrais tout simplement faire une remarque de bon sens: comment un dialogue peut-il être autrement que direct? Répondons ensemble à cette question et on aura fait un résumé de l’art tactique gbagbiste qu’un ami, du temps de notre journal Le Fédéral, a décrit comme le crabisme.

-martialahipeaud
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